Ordre de Malte • Une année atypique et bien remplie

Au cœur de l’été, certaines activités de la délégation 87 de l’Ordre de Malte n’avaient pas encore marqué de pause.

Commencée fin octobre 2019, notre saison de maraudes s’est achevée le 1er août. Elle constitue à l’évidence une année charnière pour cette activité qui, nous le craignons, va s’accroître en raison de la situation économique et sociale dégradée par l’épidémie. En début de saison nous servions entre vingt-cinq et trente-cinq personnes par maraude, depuis le confinement et plus encore en juillet, nous avons battu de tristes records avec près de soixante-dix personnes par maraude, parmi lesquelles des salariés qui ne peuvent plus finir le mois, ou de nouveaux chômeurs en attente d’indemnités.

À raison de deux maraudes par semaine, nous avons servi 2  216 repas, transporté à pied, sur notre dos, à bout de bras ou dans nos fameuses «  charriotes  » près de 3,3 tonnes de nourriture  ! Mais, au-delà de ces quantités, ce sont surtout des wagons de sourires, de mots réconfortants, d’empathie et de bienveillance qui font que nous sommes une des rares équipes de maraude à ne pas avoir subi d’agression, mais aussi une des deux seules, avec la Croix Rouge, à ne pas avoir lâché durant toute la période de confinement. Et nous le devions  ! Pourtant, certains bénévoles étaient «  à risque  » au regard des critères sanitaires gouvernementaux, mais leur engagement auprès des personnes de la rue, plus fragilisées que jamais par le confinement, a été plus fort que le principe de précaution.

Cette année, nous déplorons deux décès parmi nos bénéficiaires, Gégé et Arnaud, mais nous avons aussi l’espoir de voir quatre personnes, Sandrine, Julien, Sylvain et Roland, bientôt pouvoir «  sortir de la rue  ». Formons des vœux pour que cette lumière au bout du tunnel ne cesse de briller et que d’autres puissent avoir cette opportunité. Nous continuerons à les aider dans ce but !

Côté santé, le dispensaire a hélas dû fermer ses portes depuis la mi-mars et nous espérons reprendre aussi vite que possible à l’automne, en espérant que l’épidémie ne vienne pas contrecarrer nos projets, car les besoins, là encore, sont immenses et les sollicitations continuelles. Cette année ce sont 249 nouveaux patients qui ont pu être pris en charge pour des soins au dispensaire Saint-Martial. Il ne fait pas de doute que, si le Covid-19 ne nous avait pas stoppés dans notre élan, nous aurions approché les 350 nouveaux patients cette année.

Nous demeurons convaincus que l’accès au logement et à la santé reste l’unique voie pour envisager une réinsertion durable dans la société. Nous continuerons à être pro-actifs et partenaires de toutes les réflexions et initiatives en ce sens et constatons, sans euphorie excessive toutefois, que des lignes commencent à bouger, en particulier grâce au projet du «  Village de François  » à Solignac. Nous nous en réjouissons et nous contribuerons autant qu’il est possible au succès de cette entreprise.

Notre activité ne s’est pas totalement mise en pause estivale durant le mois d’août pour autant. L’accompagnement des familles Yézi-dies se poursuit notamment pour le soutien en français. Nous avons également la charge de rechercher des logements pour des réfugiés qui vont être accueillis à Saint-Junien à l’automne prochain.

Enfin, il convient d’activer les démarches pour enfin concrétiser notre projet de filiale mobile du dispensaire Saint-Martial. Plusieurs partenaires nous ont signifié après le confinement leur accord pour soutenir notre action au profit de nos campagnes limousines démédicalisées. Qu’ils en soient tous remerciés.

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Journal Le Sillon

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