Et maintenant ?

Nous sortons progressivement de la crise sanitaire provoquée par la Covid-19. Pour la plupart d’entre nous, une pause forcée s’est invitée dans notre quotidien. Elle a été différemment vécue mais nous sommes nombreux à avoir redécouvert l’expression « prendre son temps », à s’interroger sur le sens de notre vie quotidienne habituelle, à regarder notre monde tel qu’il est aujourd’hui, à écouter et à observer la nature qui nous entoure, et aussi réfléchir à notre avenir. Lequel voulons-nous ? Est-il possible de reprendre la vie comme avant ? Fidèle à son encyclique Laudato Sí’, le pape François a clairement réaffirmé l’urgence d’un nouveau modèle de vie pour l’Humanité. Et maintenant qu’allons-nous faire ?

Nous avons récemment célébré le 8 mai, fêtant l’armistice et la paix revenue. Avons-nous vécu dans le même esprit le 11 mai, ce jour attendu avec espérance et anxiété? Il s’est éveillé comme une semence qui fait craquer la terre pour sortir lentement, devenir une fleur, une plante. Ce ne fut pas un nouveau Bing Bang, nous ne rêvions pas, mais une lente éclosion avec un regard neuf sur l’autre, le monde et sur Dieu. Ce jour nous a ouvert au temps des commencements.

La Bible, c’est l’histoire des commencements. «  Au commencement  », premiers mots du livre de la Genèse et de l’Évangile de saint Jean. Créer ou proclamer l’Évangile ouvre un temps nouveau. Le monde s’est fait en sept jours. Jésus a pris trente-trois ans pour faire naître l’Évangile. Et nous voudrions que tout reparte, par une baguette magique, en un miracle.

La Bible, c’est aussi le récit des sorties, des naissances. La sortie d’Égypte, la sortie de l’Exil, la sortie de Nazareth, la sortie du tombeau pour Lazare… la sortie du Cénacle à la Pentecôte, …  Jésus est sorti du Père, pour venir chez les siens. À la résurrection, on dit que Jésus « s’est levé de son tombeau ». Tout commencement est une résurrection.

Nous avons vécu ces semaines très diffé-remment, mal logés, ou en plein air, confinés seul ou à plusieurs, au service des autres pour soigner, nettoyer, alimenter… ou en léthargie sans occupation, surmenés par plusieurs tâches, en souci pour les enfants, les jeunes, l’emploi ; et pour autant, nous partagions une même perception profonde, ce temps n’est pas celui que l’on souhaite vivre. Il porte en lui quelque chose d’anormal, d’inachevé. Et en même temps, il a révélé tellement de solidarités, de gestes fraternels, de refus du chacun pour soi. Il nous a permis, et beaucoup en témoignent, d’avoir regardé sa vie, son histoire, sa foi, la mort, l’avenir avec plus de lucidité et de profondeur, d’avoir prié, écouté la Parole de Dieu, comme jamais. N’oublions pas cela !

Retrouvez l’intégralité du dossier aux pages 9, 10 et 11 du Sillon, n° 828 de juin 2020.

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