Découverte • Réaliser et enregistrer une émission à la radio !

Cette année, les élèves de seconde Hôtellerie-Restauration, du lycée Saint-Jean à Limoges, ont réalisé et enregistré deux émissions pour la radio. Ils ont été accompagnés dans ce projet par Sébastien Péjou, journaliste pour le GRAL, le Groupement des radios associatives du Limousin, et Thierry Beaulaton, directeur d’antenne à Émergence FM. Cette démarche s’inscrit dans le programme à l’Éducation aux médias et à l’information (EMI). Elle a été conçue et encadrée par des professeurs documentalistes et de français. Une première émission avait été enregistrée en novembre 2018. Nous avons retrouvé les élèves lors de l’enregistrement de leur second reportage le 6 mai dernier.

Le 7 mars, les élèves ont assisté à la représentation d’Un pays dans le ciel, d’Aiat Fayez, au Centre culturel Jean le Bail à Limoges. Ils ont recueilli des témoignages de spectateurs, de comédiens, puis ils ont effectué des recherches sur la pièce et son auteur afin de réaliser l’émission, enregistrée le 6 mai dernier. Elle a été diffusée sur les ondes des radios associatives du GRAL. Voici quelques extraits de leur reportage :

« Bonjour à tous et à toutes ! Élèves de seconde hôtellerie-restauration au lycée Saint-Jean, nous apprenons la cuisine et le service. Pour notre deuxième émission, le 7 mars, nous sommes allés au centre culturel Jean le Bail pour assister à la représentation d’Un pays dans le ciel d’Aiat Fayez.
Tout au long de l’émission, pour vous immerger dans la pièce, Mathias, Erwann, Benjamin et Marion liront quelques extraits comme celui que vous venez d’entendre. Tout de suite, notre camarade Guillemette va vous présenter la pièce…

Un pays dans le ciel d’Aiat Fayez est inspiré de son texte théâtral Les corps étrangers. Il a collaboré avec Matthieu Roy, le metteur en scène. Ensemble, ils ont créé cette œuvre pour témoigner de l’accueil des étrangers en France. Les spectateurs découvrent les entretiens tels qu’ils se déroulent à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, c’est-à-dire l’OFPRA. Il y a trois personnages : le demandeur d’asile, l’officier de la République, et, entre les deux, l’interprète qui traduit le parcours de vie du demandeur d’asile. On sent l’attente et la crainte pour le demandeur d’asile. Mais on sent aussi la difficulté pour l’officier qui doit démêler le vrai du faux dans le discours de l’étranger et qui a entre les mains une ou plusieurs vies.
La mise en scène permet aux comédiens d’être mêlés au public. Nous avons, nous, spectateurs, l’impression plutôt angoissante de nous trouver dans la file d’attente de la Préfecture.

Mahault et Gladys, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’auteur de la pièce ?

Aiat Fayez est né en 1979, c’est un apatride, c’est-à-dire une personne qui n’a pas de nationalité légale, qu’aucun État ne considère comme son ressortissant. Il quitte la France en 2010 et voyage dans différents pays européens puis finit par s’installer à Vienne en Autriche. Pour écrire sa pièce, il s’est inspiré de ses observations à l’OFPRA, comme l’ont dit nos camarades en début d’émission. Aiat Fayez a écrit plusieurs romans dont Un pays dans le ciel en 2012.

Et maintenant, portraits de comédiens par Marion, Aurélien et Noé…

Gustave Akakpo est né en 1974 à Amého au Togo. Il est écrivain, comédien, conteur, illustrateur, plasticien. Gustave Akakpo pratique le théâtre depuis plus de 20 ans. Il a participé à plusieurs résidences et chantiers d’écriture au Togo, en France, en Belgique, en Syrie. Il a suivi des stages de formation à Lomé, Ouagadougou, Tunis, Saint-Étienne sous la direction de Banissa Méwé, Alpha Ramsés… Il a joué aussi ses propres pièces : Ma Férolia, Chiche d’Afrique, Habbat Alep.

Aurore Déon, comédienne et danseuse, s’est formée entre Paris et New York. Elle est diplômée de Paris 3 en Arts du Spectacle option Théâtre. Elle est intervenante pour des stages et des ateliers, notamment avec le Centre Dramatique d’Athis-Mans et la Scène Nationale de Sénart.

Hélène Chevallier se forme à la Classe libre de l’École Florent puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans les classes de différents profs comme Denis Podalydès. Elle a déjà travaillé avec Matthieu Roy en 2015 pour Days of nothing. Elle tourne régulièrement dans des courts-métrages et enregistre des fictions pour Radio France.

Alors, la classe a-t-elle aimé la pièce ?

Nicolas : La pièce parle d’immigrés souhaitant vraiment devenir français par naturalisation mais il y a aussi des cas inventés pour les besoins de l’histoire. Ce texte nous permet de découvrir la difficulté à devenir français face à notre administration.
Ludwig : Nous avons apprécié la pièce car elle nous a permis de provoquer des débats. Nous avons appris la réalité de l’accueil des réfugiés en France. Mais les situations étaient répétitives et les changements de rôles étaient déstabilisants. Malgré ces points négatifs, ce qui était positif c’est que nous avons vraiment eu l’impression d’être immergés dans la pièce grâce à la disposition des chaises qui nous plaçait de part et d’autre des comédiens, au même niveau qu’eux.

Pour prolonger cette émission, vous pouvez lire Les corps étrangers d’Aiat Fayez, aux éditions de L’Arche, et la BD de la revue Topo de septembre 2018 qui a pour titre J’ai tout quitté ».

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