Dossiers

Le Sillon, votre journal, a 80 ans

Le Psaume 90 le suggère en parlant de nous, 80 ans pour les plus robustes, c’est un exploit ! Alors pour un journal, surtout par les temps qui courent, c’est un super exploit !

En avril 1946, trois curés fondateurs décident de mettre ensemble leurs journaux paroissiaux pour être vus et voir les deux autres (n’est-ce pas facebook avant l’heure !). Ne pas garder chacun seul son journal paroissial (avec son clocher et son curé), mais s’enrichir des pages des deux autres. Savaient-ils que leur intuition serait toujours pertinente 80 ans plus tard ?

Pour traverser la moitié du XXe siècle et le quart du XXIe en restant fidèle à l’intuition de départ et à sa ligne éditoriale « journal familial, enraciné dans la vie locale et dans l’Église », référence à l’encyclique Rerum Novarum, chère au pape Léon XIV, il fallait des hommes et des femmes passionnés, compétents et capables d’accompagner la vie de la société, l’évolution de la presse et celle de l’Église. 

Ils se sont passé le relais, les abbés Gabriel Langlade, Claude Soumagne, Christian Dequidt, moi-même, puis Christiane Vigneron, avec l’ami fidèle Gilbert Julien (avec lui Le Sillon a été au cœur de la presse locale), et tous les bénévoles des comités de rédaction de chaque paroisse, aujourd’hui encore très actifs.

Il y eut Le Sillon, en cinq éditions en format tabloïd, que l’on se passait de maison en maison dans les villages, si utile après lecture pour équeuter les haricots, allumer la cheminée, ou à conserver comme pages de l’histoire locale et de la publication des événements familiaux…

Il y a Le Sillon d’aujourd’hui, format Magazine, en couleur, riche des paroisses du diocèse et de sa dimension diocésaine… et surtout en ligne, présent dans les réseaux sociaux. Quel chemin ! Le Sillon est toujours en phase ! Je fais le souhait que de jeunes étudiants se lancent, à partir de la collection complète de tous les numéros depuis 80 ans dans des recherches, des thèses, sur cette œuvre merveilleuse, dont nous sommes tous fiers.

Le public a aussi changé. Le lecteur glissait son abonnement dans l’enveloppe du « Denier du culte » et le remettait à son curé, à sa paroisse. C’était un geste concret « d’appartenance », à la vie de l’Église et un geste simple pour dire son adhésion à la foi.

Je crois qu’aujourd’hui le lecteur du Sillon est particulièrement « engagé » dans l’Église, il la fait vivre, il en est acteur. Il s’intéresse aux transformations de la vie de l’Église et de la société. Il peut y prendre la parole. Il reçoit dans le cadre d’un journal (en ligne, ou en papier) plus qu’une information, une « formation » à laquelle il aspire. Elle lui est vitale, dans le monde d’aujourd’hui, pour être un chrétien responsable et missionnaire. Avec les autres médias, radios, TV, internet…, après avoir traversé les changements de ce monde, il lui faut ouvrir, avec l’intuition d’il y a 80 ans, « au changement d’époque » dont nous parlait le pape François.

Bon anniversaire.

Abbé Jean-Marie Mallet-Guy, ancien président et directeur du Sillon

Retrouvez Le Sillon n° 892, d’avril 2026 en ligne à partir de 20 euros par an !