Les journalistes • Confiance ou méfiance ?

Les élèves de 4e D et E du collège Jeanne d’Arc à Limoges ont travaillé sur la confiance que les Français accordent aux médias, et la manière de se méfier des Infox. Mais qu’en est-il du rôle des journalistes, à l’heure où ils sont critiqués par une partie de la population ?

État des lieux

50 % des personnes pensent que les choses se sont passées comme le raconte la radio, un pourcentage qui a baissé par rapport à l’an passé. 44 % pensent la même chose de la presse écrite, mais ce chiffre est encore plus bas que l’an passé. La télévision connaît la plus forte chute avec seulement 38 % des personnes qui lui font confiance. En revanche, la confiance en internet reste stable mais seulement 25 % des personnes interrogées ont confiance en ce média. Toutes ces baisses de confiance envers les médias s’expliquent par les confusions engendrées par le mouvement des gilets jaunes et la multiplication des fakes news qui a laissé une profonde défiance des Français envers les journalistes qui seraient sous influence. En effet, 69 % des personnes pensent que les journalistes subissent la pression des parties politiques et du pouvoir et 62 % des personnes pensent qu’ils sont influencés par des pressions liées à l’argent. Par conséquent, 48 % n’ont pas confiance dans les médias ! De plus, 67 % des personnes disent ne pas avoir confiance dans les informations postées sur les réseaux sociaux !

Sources 32e baromètre de la confiance des Français dans les médias, réalisé par Kantar pour La Croix, 24 janvier 2019, selon 1 000 personnes sondées de plus de 18 ans.

Qu’est ce qui pourrait nous faire douter ?

En France, environ 35 000 journalistes sont détenteurs de la carte de presse, ce qui laisse le reste des personnes non qualifiées diffusant des informations, notamment sur le Web, comme étant des imposteurs. Ces personnes vont chercher à aller à l’extrême dans leur propre intérêt et non pour la qualité de l’information. Bien que certaines de ces personnes recoupent leurs informations, ce n’est pas le cas de tout le monde, ce qui nuit à la confiance accordée aux journalistes. Cette confiance étant rompue, nous avons de plus en plus de mal à croire les journalistes expérimentés et détenteurs d’une carte de presse.
De plus, sont-ils vraiment indépendants de la pression liée à l’argent et à la politique ? En sachant que la quasi-totalité des médias sont détenus par une poignée de puissantes entreprises. La concurrence entre médias est aussi un risque. Ce qui nous amène à nous poser des questions sur la fiabilité de leurs informations.
Enfin, un bon journaliste va faire un bon article s’il prend le temps de recouper ses informations, s’il va sur le terrain et s’il fait des interviews. Il doit concilier l’instantanéité et la vérification des sources. Souvenons-nous que « vite fait, bien fait » ne vont pas ensemble.

Demandons l’avis d’un journaliste professionnel

Nous avons interviewé Sébastien Péjou, coordinateur de l’information régionale en Limousin de 15 chaînes du GRAL. C’est un journaliste intègre qui n’est intéressé ni par le buzz ni influencé politiquement.

Pourquoi le degré de confiance des Français envers les journalistes est-il aussi bas ? Comment leur faire confiance ?

Sébastien Péjou trouve « rassurant que les Français pensent que la radio est le moyen le plus fiable pour s’informer ». Il pense aussi que c’est aux journalistes de s’adapter, d’aller les rassurer. Ils doivent se remettre en question, ouvrir les portes de leur rédaction. « Mais les chaînes d’info en continue ont fait beaucoup de mal ». C’est également au public d’exprimer son esprit critique. « Il y a une vraie méconnaissance du métier de journaliste ». Il nous a d’ailleurs proposé de venir faire un stage pour mieux comprendre la réalité du terrain.

Est-ce qu’un journaliste peut être in-fluencé par les clics ?

Le buzz est l’une des principales causes du manque de confiance envers les journa-listes. « En général, la plupart des journalistes professionnels détenteurs de la carte de presse (35297 en France) ne font pas ça pour le buzz ». La carte de presse est le signe de l’intégrité du journaliste. En effet, elle est renouvelée chaque année après examen par une commission et peut être retirée en cas de non-respect de la déontologie du métier.

Quelles sont les règles primordiales de votre déontologie ?

« L’objectivité, la neutralité et l’honnêteté ». Sa principale qualité est la curiosité. « Il faut s’étonner de tout, s’épanouir dans son métier. » De plus, il est primordial d’aller investiguer sur le terrain. « On a moins confiance en un journaliste qui ne va pas sur le terrain. C’est essentiel ». Comme un enquêteur finalement.

Est-ce compliqué de rester objectif à la radio car c’est de l’oral ?

« Non car on apprend à être objectif à l’ex-trême à l’école de journalisme. Par exemple, lors d’une interview opposant deux invités, je défie quiconque de connaître mon avis, j’accorde le même temps de parole à chacun ».

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