Mot du délégué diocésain à la solidarité

La place de l’homme dans notre société (suite)

Aujourd’hui, j’ai entendu à la radio qu’un des dirigeant de l’Italie se réjouissait que des hommes et des femmes venant du continent africain n’étaient pas autorisé à descendre du bateau qui les avaient sauvés d’une mort certaine. Un parti français faisait de même. Comment peut-on laisser dire de telles paroles sans réagir ?

Nous vivons dans un monde où d’un côté, nous avons des pays en guerre et/ou qui n’arrivent pas à donner un cadre de vie digne pour les habitants (dictature, insuffisance de pluies, dérèglement climatique, accaparement des terres par des états ou des multinationales, les raisons sont multiples…) et d’un autre, nous avons un monde occidental qui pille et vit sans se soucier que la planète ne peut pas suffire à nourrir tout le monde avec une telle consommation.

Parmi les causes qui poussent les migrants à quitter leur pays, beaucoup viennent du fait de nos modes de vies et de nos politiques étrangères. Les pays occidentaux sont bien souvent responsables par leur leurs prises de position, leur politiques commerciales (vendre ou ne pas vendre des biens de consommation, affamer ou au contraire nourrir et aider à être auto-suffisant, vendre ou ne pas vendre des armes…) de ce qui se passe dans les pays du sud.

Dans nos pays occidentaux, nous avons tout, y compris ce qui est superflu. Nous pillons les pays du sud pour avoir les derniers portables à la mode, nous utilisons des produits issu d’une agriculture qui ne respecte pas la nature (déforestation pour du colza OGM, huile de palme…), nous produisons plus de CO2 que la nature ne peut en absorber et contribuons au réchauffement climatique.

Au vu de ces constats, il est normal que des hommes et des femmes cherchent à sauver leur vie pour venir prendre les miettes de notre consommation et de notre niveau de vie. Ne sommes-nous pas dans la situation que Jésus décrit en disant : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » (Mc 7 ; 27). Ecoutons ce que lui répond la syro-phénicienne, l’étrangère, la migrante, la réfugiée : « Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » (Mc 7 ; 28) Et aussitôt le souhait de cette femme fut réalisé. Sa fille fut sauvée. Ecoutons les migrants qui frappent à notre porte et faisons comme Jésus. Sauvons des vies humaines.

Un peu plus haut dans le même chapitre (Mc 7 ; 20-23) nous entendons Jésus nous dire : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » Laissons Dieu nous modeler à son image. Seul, nous ne pouvons pas nous rendre meilleur, mais grâce à Dieu nous pouvons changer et nous laisser envahir par l’amour qui vient de Lui.

A la suite de nos conversions, nous pourrons exiger de nos gouvernements, de nos hommes politiques d’accueillir ces hommes et ces femmes en danger de mort. Faisons savoir que nous ne sommes pas d’accord avec des prises de positions qui ne leur permettent pas de vivre dignement et qui les envoient à une mort certaine.

Souvenons-nous qu’un jour, nous avons, nous aussi été des migrants, des réfugiés et que des personnes nous ont accueillis et ont donné leur superflu et peut être de leur nécessaire.

Le 12 Juin 2018

Philippe Soulmagnon

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